Le regard à l’ère de la vitesse
Il suffit d’un geste.
Un glissement de doigt, un réflexe pavlovien : balayage, double‑tap, oubli.
Les images traversent nos écrans comme un fleuve sans source, sans fin et sans mémoire.
Nous les voyons, mais les regardons‑nous encore ?
La disparition du photographe ?
Pendant des siècles, le photographe a été témoin du monde.
Ses mains tremblaient parfois, ses yeux s’essayaient à comprendre la lumière avant de la dompter.
Aujourd’hui pourtant, des images naissent sans lui : des algorithmes imaginent des ciels qui n’ont jamais existé, des visages qui n’ont jamais souri.